La petite main de Zoé :)






















Je ne peux plus écrire, j'ai mal à la main"



Même si toutes les matières ne sont pas concernées au même titre, de nombreux enseignants, quel que soit le niveau de leur classe, sont confrontés au refrain récurrent des scripteurs se plaignant de douleurs à la main. Douleurs chroniques, excuse plus ou moins bidon, ou symptôme réel, il est parfois difficile de savoir où se situer. voici donc quelques éléments pour y voir plus clair.

L'endurance à l'écriture

Parmi les raisons qui conduisent le plus souvent les enfants à avoir mal à la main quand ils écrivent, on trouve l'apprentissage lui-même. Comme n'importe quel sportif, l'enfant doit s'échauffer et s'entraîner avant d'acquérir l'aisance et l'endurance nécessaires pour couvrir ses besoins en écriture. Les petits souffrant de ces douleurs ont donc tout intérêt à ajouter des exercices pour muscler la main à ceux qui concernent la motricité fine. Par ailleurs, comme tout sportif qui se respecte, il est important de doser son effort et de se ménager des pauses régulières même si elles sont courtes : 5 minutes sont parfois suffisantes pour récupérer complètement sa mobilité.

La tenue du crayon

Un autre élément clef de l'apprentissage sans douleurs consiste à bien tenir son crayon, fondamental pour éviter les crampes qui interviennent pour certains très rapidement. Ainsi, en cas de plainte, l'enseignant peut commencer par vérifier que l'élève prend son crayon (ou stylo) sans trop le serrer et sans appuyer trop fort contre le papier. La clef de l'endurance en écriture est effectivement la souplesse du geste. Pour conserver des mouvements fluides et aisés, la feuille doit elle aussi être bien positionnée, droite devant le scripteur (Correction apportée à l'article initial : il est conseillé, au contraire, de positionner la feuille légèrement en biais, dans l'alignement de l'avant bras). C'est également valable pour les gauchers, qui se plaignent souvent de douleurs dans le poignet - voire jusqu'à l'épaule- tandis que les enseignants s'exaspèrent d'une écriture parfois illisible. C'est dans la plupart des cas dû à une mauvaise tenue du crayon : au lieu d'avoir le bras souple, le poignet prend une position incongrue, en col-de-cygne. Cela concerne près de 70% des gauchers en France, ce qui est énorme. Pourtant, cette position inconfortable n'est pas nécessaire, bien au contraire, elle résulte simplement d'un mauvais accompagnement du petit gaucher dans son positionnement initial.

Ainsi, pour bien écrire, il importe de tenir son crayon correctement, afin de libérer le bras tout entier et augmenter l'endurance autant que la possibilité de se concentrer également sur le fond. Il est d'ailleurs intéressant, à l'ère du numérique, de rappeler aux étudiants qui prennent leurs notes sur ordinateur, que la majorité des examens se fait encore sur papier, à la main. Nombre d'entre eux se retrouvent confrontés à des difficultés à tenir la distance, lors d'un examen particulièrement long ou pendant une série d'épreuves rapprochées. L'exercice des muscles de la main est alors important pour espérer finir dans de bonnes conditions les rédactions.

Un symptôme médical ou psychologique intéressant

Evidemment, il n'y a pas que les mauvaises habitudes qui causent de telles douleurs aux scripteurs, que que soit leur âge ou leur expertise. Il y a des pathologies qui relèvent du handicap et qui demandent des stratégies d'adaptation, proposées par des ergonomes ou des graphothérapeutes. En revanche, des douleurs persistantes malgré une bonne position et une expérience minimale sont parfois à prendre davantage comme des symptômes.

Dans le domaine médical, cela peut renvoyer à des pathologies plus ou moins graves dont la plus fréquente est le syndrome du canal carpien, qui voit ce dernier se rétrécir et coincer le nerf médian. Cela cause alors des fourmillements et une insensibilité des doigts qui peut rapidement être insupportable à l'écriture.

Du point de vue de la psychologie, les spécialistes constatent que c'est un bon révélateur de troubles plus profonds, notamment pour ce qu'ils appellent "ces enfants qui écrivent mal". Ces derniers sont souvent des enfants socialement adaptés, voire des enfants savants qui éblouissent par leur savoir et leur sérieux, ayant fortement investi la parole et le langage. Leur problème ne relève donc pas de l’apprentissage, mais bel et bien de la dimension symbolique attachée à l’écriture. Il y aurait donc avant tout le dessin, étape nécessaire au tracé et à la figuration des formes, de l’écriture qui figure des représentations de mots au travers de lettres et de symboles, engageant de ce fait une forme de communication au travers du corps. L’écriture est alors un outil de diagnostic intéressant pour Marie Alice du Pasquier car c’est un « acte intime » qui « mobilise chez l’enfant à la fois sa pulsionnalité et son organisation narcissique engagées et articulées dans une activité symbolique ».

La graphothérapie, une discipline méconnue

C'est une spécialité qui s'attache à traiter et corriger les dysgraphies grâce à différentes méthodes. Il s'agit tout aussi bien de réapprendre à écrire, qu'à tenir son stylo après différents parcours de vie. Ces douleurs peuvent être présentes dès l'apprentissage et constituer d'entrée un élément à améliorer pour les enfants. Mais elles peuvent aussi apparaître après un accident ou une maladie, à l'âge adulte. Bref, qu'il s'agisse simplement d'améliorer son écriture illisible et pénalisante au quotidien ou pour éviter qu'elle ne le devienne, la graphothérapie vise à reprendre une position confortable, mais aussi à permettre de stabiliser la situation psychologique en améliorer l'image de soi, afin que cela ne constitue pas un frein supplémentaire dans la vie quotidienne. L'écriture a une valeur transitionnelle entre objectif et subjectif qu'il faut garder en tête.

À signaler, on constate que ces douleurs essentiellement associées jusque là à l'écriture, posent les mêmes problématiques en ce qui concerne la frappe sur ordinateur. Si les mains sont mal positionnées, elles entraînent les mêmes pathologies (syndrome du canal carpien) que le stylo! Il faut donc faire attention à la position des doigts et des poignets au dessus de son clavier autant qu'à la manière dont on tient son stylo si l'on veut écrire longtemps.

Source : http://cursus.edu/dossiers-articles/dossiers/202/parents-education-equilibre-benefique/articles/25458/peux-plus-ecrire-mal-main/#.VX03vEb4i53