La petite main de Zoé :)

























L'écriture de votre enfant/adolescent pose un problème :

- de lisibilité,

- de vitesse (il a du mal à terminer ses exercices...),

- votre enfant se plaint de douleurs (secoue sa main...),

- les cahiers ne sont pas propres (taches, ratures...),

- la prise d'espace dans la feuille n'est pas adaptée (n'écrit pas sur les lignes, écritures écrasées en bout de ligne...),

- votre enfant est anxieux à l'idée d'écrire et retarde le moment de faire ses devoirs à cause de l'écriture,

- l'écriture est source de conflits à la maison,

- il a souvent des points en moins à cause de la présentation ou de l'écriture...
L'impact des troubles de l'écriture sur la scolarité.



Soyez vigilant à ces symptômes car il s'agit peut-être d'un trouble de l'écriture, voire d'une dysgraphie, qui peut avoir des répercussions sur la scolarité, sur l'estime et la confiance en soi de votre enfant/adolescent.

Quelques fois, votre enfant réussit à écrire bien, donc vous vous dites "quand il veut, il peut"... Il peut effectivement réussir à écrire bien, mais sur un temps très limité et au prix d'efforts considérables qui mobilisent toute son énergie attentionnelle et ne lui permettent pas d'écouter l'enseignant ou de penser à son orthographe en parallèle (double-tâche). Il faut l'aider...

La dysgraphie peut avoir plusieurs origines

- La dysgraphie linguistique, liée à un trouble du langage écrit (dyslexie, dysorthographie), ou oral (dysphasie),
- La dysgraphie d’ordre spatial (trouble orthoptiste, dyspraxie visuo-spatiale...),
- La dysgraphie d’ordre moteur (Trouble de l'Acquisition de la coordination,...).

Selon Jean-Michel Albaret, psychomotricien et enseignant-chercheur à l’université de Toulouse, la dysgraphie est souvent associée à d’autres troubles comme la dyslexie, les troubles d’acquisition des coordinations ou dyspraxies de développement, les dystonies et notamment les ébauches de crampes, les troubles de la dominance latérale. Ces comorbidités fréquentes nécessiteront donc une évaluation adéquate qui ne peut se limiter au seul examen de l’écriture.

Le graphothérapeute vous aidera à y voir plus clair... Après un bilan complet de l'écriture visant à déterminer l'origine des difficultés, le graphothérapeute pourra vous proposer une rééducation adaptée, en rétablissant la tenue de l'outil scripteur, la posture, le geste graphique, au travers d'exercices appropriés ou en intervenant sur l'écriture (simplification, etc.). Il pourra aussi vous demander de consulter en parallèle un autre professionnel (orthoptiste, orthoptiste, etc) pour un bilan complémentaire.


L’héritage de Julian de Ajuriaguerra

Julian de Ajuriaguerra est un neuropsychiatre et psychanalyste français. Il crée entre 1946 et 1959 avec René Diatkine à l’hôpital Henri Rousselle une “Equipe de recherche et de rééducation des troubles de la psycho-motricité et du langage”
Ajuriaguerra distingue cinq groupes de dysgraphie qui peuvent se combiner :

- les raides : l’écriture donne une impression de raideur, de tension, le tracé nécessite un effort tonique important qui lui confère un aspect anguleux.

- les mous : le tracé est irrégulier et la mise en page négligée, on remarque ainsi une impression de « laisser aller » avec une ondulation des lignes. L’écriture est petite et ronde et s’étale en largeur, certaines lettres sont atrophiées.

- les impulsifs : on perçoit un manque de contrôle de mouvement. Les formes sont imprécises, l’hypermétrie entraine un allongement des finales. La mise en page est négligée avec des marges abstraites et des lignes mal tenues.

- les maladroits : les formes sont lourdes, mal proportionnées, comprenant de nombreuses retouches et un tracé de mauvaise qualité. La page est mal organisée, le tout apparaît désordonné.

- les lents et précis : le graphisme est appliqué et la mise en page soignée. La lenteur est excessive et s’accompagne d’ébauches de tremblements et de cabossages de certaines lettres.

Les différents stades d’acquisition de l’écriture

Le stade pré-calligraphique :
Le stade pré-calligraphique démarre en CP, lorsque l’enfant a 6/7 ans. Pendant cette période, l’enfant va apprendre à respecter les normes de la calligraphie. Cela lui prend du temps car les exigences motrices sont importantes : les traits sont tremblants, retouchés, les liaisons entre les lettres sont maladroites, les lettres montent ou descendent par rapport à la ligne…
Il faut généralement 2 ans à l’enfant pour franchir ce stade (de 2 à 4 ans).

Stade calligraphique
L’écriture s’équilibre, l’enfant commence à maitriser son geste. Les difficultés motrices qu’il rencontrait dans le stade pré-calligraphie s’estompent jusqu’à s’éliminer complètement. L’écriture se lie, elle s’assouplie, elle devient plus régulière.
C’est à ce stade que l’enfant a « une jolie écriture » comme on l’entend dire communément.
Il est même surprenant de voir l’écriture des enfants entre 10 et 12 ans : l’écriture est (pratiquement) acquise, il ne reste plus qu’à la perfectionner. On note alors la maitrise du geste et un style commence à apparaitre.

Stade post-calligraphique
Il se situe après 10-12 ans. L’écriture est acquise dans son geste et dans sa vitesse.
L’équilibre acquis précédemment est remis en cause. L’écriture devient le moyen de poser sa pensée, sa pensée va plus vite que sa main, l’écriture calligraphique purement devient trop lente. L’écriture se modifie alors pour s’adapter : c’est le début de la personnalisation des formes (mélange de script et de calligraphie). L’écriture se personnalise.



A tout âge la graphothérapie peut aider :
- à l'apprentissage d'un bon geste (dès la maternelle),
- à aider un geste qui a du mal à se mettre en place,
- à dépister une dysgraphie, - à détecter un trouble associé, - à rééduquer un trouble de l'écriture,
- à obtenir auprès de l'établissement scolaire des aménagements permettant à l'enfant de moins écrire (photocopies, devoirs à trous, etc.),
- à orienter vers l'ordinateur si le coût attentionnel ou cognitif est trop important pour l'enfant..






Graphothérapie / Graphologie : une confusion qui a la vie dure..

La graphologie et la graphothérapie sont deux pratiques totalement différentes. Pour étendre leur champ d'action, certains graphologues se sont formés à la graphothérapie, mais il n'est nullement indispensable de connaitre la graphologie pour rééduquer le geste d'écriture..

Qu'est-ce que la graphologie? La graphologie est une technique d'analyse de l'écriture qui permet de déduire des caractéristiques psychologiques de la personnalité d’un individu à partir de l’observation de son écriture manuscrite. Elle était surtout utilisée par les entreprises afin de trouver le meilleur candidat pour un poste, cela ne se fait plus trop aujourd'hui. Elle est aussi utilisée par les tribunaux pour des recherches de faux documents.

Qu'est-ce que la graphothérapie? Un Graphothérapeute est un professionnel de la rééducation des troubles de l'écriture (écritures illisibles, lentes, douloureuses...). Les tests qui permettent la cotation des critères qualitatifs et de vitesse d'écriture, ont été établis par des médecins, à partir du recueil d'un très grand nombre d'écritures et d'études scientifiques.